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  22/8/2008
  Conditionnalité des aides PAC : Evolution des BCAE pour 2009


PAC 2009

Conditionnalité : Evolution des BCAE pour 2009

Alors que l'Union européenne a décidé de la fin de la jachère obligatoire, le ministère de l'agriculture a récemment acté plusieurs évolutions importantes des règles de conditionnalité, notamment concernant les bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE). Il s'agit notamment du mode de calcul des 3% de couvert environnemental, et de la diversité des assolements. Ces changements sont importants car ils auront un impact sur les assolements 2009.

Fin de la jachère obligatoire.

La Commission européenne a récemment proposé aux Etats membres de supprimer définitivement l'obligation de gel des terres pour 2009. La décision devrait être adoptée lors du bilan de santé de la PAC à l'automne. Cela se traduira par une disparition des DPU jachère qui deviendront des DPU normaux et pourront être activés sur l'ensemble des ha admissibles de l'exploitation.
Cette suppression n’oblige pas les agriculteurs à cultiver leurs terres et le gel volontaire reste possible. De plus, les règles de la conditionnalité restent en application. Cela concerne notamment l’obligation de localiser une surface en couvert environnemental, prioritairement le long des cours d’eau. De même, les agriculteurs ayant souscrit un engagement agroenvironnemental (Contrat d'Agriculture Durable) sur des jachères, devront maintenir les surfaces concernées en jachère. Parallèlement, l'Etat vient de modifier certaines règles de la conditionnalité qui s'appliqueront en 2009.

Nouvelle méthode de calcul de la surface à détenir en couvert environnemental.

Le calcul des 3% de surface en couvert environnemental est modifié en 2009 car l'assiette servant au calcul est élargie aux cultures annuelles qui ont rejoint depuis 2005 le régime de paiement unique et/ou qui bénéficient d'une aide couplée. Il s'agit des betteraves sucrières, du tabac, du houblon, des tomates destinées à la transformation, des pommes de terre féculières, de la chicorée à inuline, des semences fourragères et des semences bénéficiant d’une aide couplée.

Jusqu'à présent, le calcul des 3% de SCE était réalisé sur la base des surfaces en Cop + lin + chanvre + gel.

En 2009, le calcul de la SCE reposera sur la formule suivante :
SCE = 3% des surfaces en [COP + lin + chanvre+ betteraves sucrières + tabac + houblon + pommes de terre féculières + tomates destinées à la transformation + chicorée à inuline + semences fourragères + semences bénéficiant d’une aide couplée + gel activant un DPU]

La surface en couvert environnemental pourrait donc augmenter sensiblement dans certaines exploitations bas-rhinoises, puisque le tabac, la betterave, et le houblon y sont courants.

Exemple : Une exploitation de 100 ha avec 70 ha de maïs, 10 ha de betteraves, 10 ha de houblon, 10 ha de prairies.
SCE en 2008 : 3% x (70 ha) = 2,1 ha
SCE en 2009 : 3% x (70 + 10 + 10) = 2,70 ha.

Rappelons que la SCE doit être implantée prioritairement le long des cours d'eau, sous forme de bandes enherbées de 5 à 10 mètres de large.

Diversité des assolements : il faudra trois cultures

Jusqu'à présent, chaque exploitation avait l'obligation de cultiver au minimum deux familles de cultures entrant dans la rotation (maïs et céréale à paille par exemple), ou trois cultures d'une même famille (blé, orge, triticale). A partir de 2009, on ne parle plus de famille de culture et il sera obligatoire d'implanter trois cultures différentes, représentant chacune au moins 5% de la sole cultivée. La prairie temporaire est considérée comme une culture. Afin d'inciter à la culture des légumineuses, les exploitants implantant plus de 10% de leur sole cultivée en légumineuses pourront n'implanter que deux cultures différentes.

Les exploitants pratiquant la monoculture bénéficieront toujours d'une dérogation à cette obligation. Ils pourront continuer à pratiquer la monoculture à condition de mettre en place une couverture hivernale des sols de toutes leurs parcelles (culture intermédiaire ou culture d’hiver), ou de broyer l'intégralité des résidus de culture (mulching). En revanche, pour favoriser l'avifaune, l'enfouissement des résidus de cultures (de maïs notamment) ne sera plus une obligation en 2009.

Philippe Osswald

 

Précisions sur la mesure diversité des assolements en 2009

Suite à l’information que nous avons fait paraître dans l’EAV au sujet de la modification de la règle BCAE diversité des assolements, nous avons eu de nombreuses questions. Aussi il nous a semblé important de vous apporter les compléments d’information suivants :

  • Il faudra à partir de la campagne de récolte 2009 disposer obligatoirement de 3 cultures différentes et non plus 2 familles de cultures comme par le passé.

Les cultures annuelles et industrielles (maïs, céréales à paille, betteraves, oléagineux, protéagineux, tabac, pommes de terre, légumes de plein champs, semences…) ainsi que la prairie temporaire SONT CONSIDEREES chacune comme une culture. A noter que chaque céréale à paille est considérée comme une culture différente : blé et orge sont 2 cultures différentes.

En revanche les cultures pérennes (verger, houblon, vigne…), les cultures pluriannuelles (asperges, framboises, fraises, petits fruits…) et les prairies permanentes NE SONT PAS CONSIDEREES comme une culture dans le dispositif diversité de l’assolement.

  • Chacune des 3 cultures doit représenter au moins 5 % de la sole cultivée c'est-à-dire de la SAU moins les surfaces qui ne rentrent pas dans le dispositif diversité de l’assolement listées juste avant.
  • Il existe 2 dérogations à ce principe général :

    • Si plus de 10 % de la sole cultivée est implantée en légumineuses (au sens agronomique c'est-à-dire luzerne, pois, féveroles…), il suffit alors de disposer en plus de ces 10 % de légumineuses d’une 2ème culture représentant au moins 5 % de la sole cultivée.

    • Les agriculteurs souhaitant rester en monoculture (c'est-à-dire ne remplissant pas les obligations décrites précédemment) devront disposer d’une couverture hivernale totale des sols. Celle-ci peut être réalisée soit en implantant une culture d’hiver ou une Cipan soit en réalisant un broyage fin des résidus de culture.

 

EXEMPLE 1 : SAU = 60 ha  dont 55 ha de sole cultivée :
48 ha de maïs, 5 ha de tabac, 2 ha de prairie temporaire (servant de couvert environnemental)

                        dont 5 ha de prairie permanente

Dans cette exploitation, le tabac représente 9 % de la sole cultivée (5/55) et la prairie temporaire 3,6 % (2/55). L’obligation n’est donc pas remplie. Il y a bien 3 cultures différentes, mais chaque culture doit séparément représenter au moins 5 %.

Il faudra soit implanter une nouvelle culture représentant au minimum 5 % de la sole cultivée (5 % de 55 ha) soit 2,75 ha par exemple du blé. Soit augmenter la surface en prairie temporaire pour la porter à 5 % ; dans cet exemple il faudrait rajouter 0,75 ha de prairie temporaire.

 

EXEMPLE 2 : SAU = 60 ha dont 55 ha de sole cultivée : 
45 ha de maïs, 8 ha de luzerne, 2 ha de prairie temporaire (servant de couvert environnemental)

                        dont 5 ha de prairie permanente

Dans cette exploitation, la luzerne représente 14,5 % de la sole cultivée. Il y a donc plus de 10 % de légumineuse et une autre culture représentant plus de 5 % (le maïs). L’obligation de diversité des assolements est donc respectée.

 

EXEMPLE 3 : SAU = 60 ha dont 55 ha de sole cultivée
34 ha de maïs, 15 ha de blé, 2 ha de pomme de terre, 2 ha de choux, 2 ha de prairie temporaire (servant de couvert environnemental)

                        dont 5 ha de houblon

Cette exploitation pourtant bien diversifiée ne dispose pas de 3 cultures différentes représentant chacune 5 %. Il faudra donc modifier l’assolement en portant la 3ème culture à 5 % pour être en règle.

 

Joseph Behr

 

 


Auteur : Philippe Osswald, Joseph Behr

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