Cette rencontre fut entièrement chapotée par Maître Germain Ostermann, avocat
au barreau de Strasbourg et spécialiste du droit rural. Il y a 9 tribunaux
paritaires des baux ruraux dans le département. Cette juridiction est dite
paritaire, en effet, elle se compose à la fois d'assesseurs bailleurs et
preneurs de biens ruraux, et elle est présidée par un magistrat professionnel,
le juge d'instance.
La formation débuta par une présentation du tribunal paritaire des baux ruraux, et notamment
de la compétence spéciale de cette juridiction. En effet, ce tribunal gère uniquement
les litiges entre les bailleurs et les preneurs relatifs aux baux ruraux,
tous les autres litiges ne sont donc pas de sa compétence. Par ailleurs, la
procédure devant ce tribunal est atypique, car une audience de conciliation doit
nécessairement précédée la phase contentieuse proprement dite. Le tribunal paritaire
des baux ruraux a son siège au sein du tribunal d'instance. Les règles
tenant aux conditions de saisine et aux conditions de représentation devant
la juridiction ont aussi été développées. Le rôle des assesseurs tant
bailleurs que preneurs au sein du tribunal fut bien entendu détaillé. Occasion pour
Maître Ostermann de rappeler que " les assesseurs sont de vrais
juges ", et comme tout juge ils doivent donc juger conformément à la loi
et à l'équité en toute impartialité et sont tenus au secret des délibérations.
" La présence de chaque assesseur lors de l'audience du
tribunal est indispensable. " Si un assesseur ne peut siéger son suppléant
doit impérativement prendre sa place sans quoi le magistrat professionnel décidera
seul en prenant simplement l'avis des autres assesseurs présents.
Maître Ostermann insiste aussi sur la phase de conciliation qui permet bien
souvent de trouver une solution à l'amiable au conflit entre les parties.
Etude du statut
du fermage et du contrôle des structures
Certains assesseurs avaient ensuite exprimé
le vœu qu'on leur explique la réglementation relative au statut du
fermage. C'est la conseillère juridique de la chambre d'agriculture,
Christine Perrenoud qui a fait le point sur le sujet. En effet,
les litiges devant les tribunaux paritaires proviennent fréquemment de l'application de
cette réglementation. Ont notamment été développés le champ d'
application du statut, les conditions de résiliation, de reprise, les délais
pour donner un congé, les conditions d'application du droit de préemption&
Les assesseurs ont été très intéressés par cette présentation et rapidement un
véritable dialogue s'est installé entre la salle et les intervenants.
Maître Ostermann n'hésitant pas à égayer la discussion par des
anecdotes tirées de son expérience personnelle.
Puis, Brigitte Kieffer, conseillère à l'ADASEA a fait le point sur le
contrôle des structures, car nombre de conflits devant les tribunaux paritaires des
baux ruraux découlent directement des autorisations d'exploiter. Elle
a notamment précisé dans quelles conditions un contrôle des structures est nécessaire
ainsi que la procédure à suivre pour obtenir une autorisation d'
exploiter.
Mais les lacunes
de la justice française sont pesantes
A la fin de la rencontre, les anciens assesseurs ont tout de même
tenu à déplorer la faible indemnité que leur verse le ministère de la justice
et à ce titre, certains soulignent même l'existence de disparités entre
les tribunaux paritaires du département. Par ailleurs, un autre assesseur
affirmait aussi " que les audiences sont sans cesse reportées et souvent on
se déplace au tribunal pour rien. " Il faut donc souligner le mérite de ces
hommes qui malgré toutes ces contraintes assument pleinement leur fonction.
Pascale
Wilhelm