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FDSEA du Bas-Rhin
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FDSEA du Bas-Rhin

 
  Le bail écrit sécurise la location


Statut du fermage

 

Le bail écrit sécurise la location

Vous exploitez des terrains agricoles dont vous ne détenez pas la propriété. Vous souhaitez bénéficier de la sécurité juridique liée au statut du fermage : concluez des baux écrits avec vos propriétaires.

Le statut du fermage protège les deux parties au contrat en prévoyant les droits et les obligations qui incombent à chacune d'entre elles. Chaque département détermine par arrêté préfectoral le seuil d'application du statut du fermage.

Dans le Bas-Rhin, les seuils sont les suivants :

-5 ares de terres ou prés
-1 are de vigne

Cas concret : Monsieur Dupont exploite en location 2 ares de prairie appartenant à Monsieur Leclerc et 30 ares cultivés en blé dont Monsieur Leblanc est propriétaire. Monsieur Dupont paie à chacun de ses propriétaires un fermage annuel au 11 novembre. Les locations verbales sont elles soumises au statut du fermage ?

  • Parcelle de Monsieur Leclerc :

La location des 2 ares de prairie, quand bien même Monsieur Dupont s'acquitte d'un fermage, échappe au statut du fermage dans la mesure où le seuil d'application prévu par l'arrêté préfectoral n'est pas franchi et que la parcelle ne constitue pas une partie essentielle de l'exploitation. Un régime dérogatoire dit " des petites parcelles " s'applique.

  • Parcelle de Monsieur Leblanc :

La condition relative au seuil d'application est remplie : 30 ares > 5ares : le statut du fermage peut s'appliquer.Toutefois dans la mesure où il s'agit d'une location verbale, Monsieur Dupont, exploitant en place, devra rapporter la preuve du paiement. Le paiement par chèque est évidemment une bonne forme de preuve. S'il y parvient, la location verbale, pourra être qualifiée de bail à ferme soumis au statut du fermage. A contrario, si l'exploitant-fermier  ne peut justifier le paiement des fermages, la location pourrait être assimilée à une mise à disposition à titre gratuit de la parcelle, ne lui ouvrant aucun droit notamment sur la durée d'exploitation.

La location verbale est très présente dans le département. Or parfois, cela est source de conflits et d'incertitudes.C'est pourquoi, il est vivement recommandé de conclure des baux écrits. Profitez de moments particuliers pour aborder ce point avec votre propriétaire (renouvellement du bail par exemple). 

Les avantages du bail écrit

Un formalisme simple et peu coûteux

Un bail à ferme de 9 ans peut être établi par écrit entre un propriétaire et un fermier (acte sous seing privé) à l'aide de formulaires qui pourront vous être transmis par le service juridique de votre fédération (Marilène Bellot : 03.88.19.17.67) ou de la chambre départementale d'agriculture (Sophie Santin : 03.88.99.38.42).

L'exigence d'un écrit pour un bail à ferme de 9 ans est une règle de preuve et non pas une règle de fond. Le bail verbal une fois son existence établie n'est donc pas nul ; il est réputé constituer un bail à ferme conforme au contrat type départemental.

Un bail notarié est obligatoire exclusivement si le bail est conclu pour une durée supérieure à 12 ans. En pratique, il s'agit essentiellement des baux à long terme de 18 ans ou de 25 ans. (les baux à long terme feront l'objet d'une prochaine chronique juridique)

Déterminer précisément l'accord entre le fermier et le bailleur

La rédaction d'un bail écrit permet de déterminer clairement les conditions du bail : qui est locataire et propriétaire ? À partir de quand ? Sur quelle durée ? Sur quelles parcelles pour quelle surface ? À quel prix ? Quel est l'état des biens ? ......Lorsque vous concluez un bail, vous devez vous assurer que les immeubles mis à votre disposition le sont par le véritable propriétaire.

Les tribunaux fournissent régulièrement des exemples de baux annulés. Ici, le bail n'a été signé que par un époux alors que le contrat portait sur un bien commun ; là, certains indivisaires n'avaient pas émis un avis favorable à la conclusion du bail ...

Le risque de ne pas contracter avec les véritables propriétaires est d'autant plus important en cas de location verbale. Il vous sera dans ce cas très difficile de prouver l'accord des deux époux, de l'ensemble des indivisaires, ou de l'usufruitier et du nu propriétaire.

La conclusion d'un contrat vous permettra de vous interroger sur la capacité juridique de votre interlocuteur à signer seul un bail à ferme.

Etablir un état des lieux

Conclure un bail écrit permet également de définir d'un commun accord l'état des parcelles louées dès l'entrée en jouissance. Dresser un état des lieux est vivement recommandé vu la durée prolongée du bail (9ans, renouvelable par tacite reconduction). L'état des lieux sert les deux parties, tant l'exploitant que le propriétaire. Ils pourront se référer à cet état des lieux d'entrée en cas de dégradation du fonds loué ou a contrario en cas d'amélioration de ce dernier pour ouvrir droit à indemnisation en fin de bail.

Enregistrer son bail écrit 

Rappelons que l'obligation d'enregistrer des baux écrits a été supprimée depuis une loi du 30 décembre 1998. Cependant il paraît toujours utile de présenter volontairement le bail sous seing privé, rédigé en 3 exemplaires, à la formalité de l'enregistrement moyennant un droit fixe de 25 €. L'enregistrement confère date certaine au bail et lors de l'acquisition de ce bien, vous pourrez bénéficier du taux réduit des droits de mutation en cas d'achat des terrains loués plus de deux ans après la date d'enregistrement.

De plus, votre bail non enregistré (valable entre les deux parties) n'est pas opposable aux tiers. Ils ne peuvent pas savoir lorsqu'ils acquièrent ce bien, qu'un fermier est en place (sauf si mention du bail est faite dans l'acte de vente, ou si l'acquéreur connaissait l'existence du bail). Cela peut être source de complication si le nouveau propriétaire conclut de son côté un bail sur la parcelle avec un autre exploitant.

Le bail sous seing privé non enregistré est donc valable mais offre peu de protection au preneur en place en cas de contentieux.

Lorsque vous allez au service de l'enregistrement, les services vous rappellent parfois que ce n'est pas obligatoire. Il est néanmoins vivement recommandé d'enregistrer vos baux concernant des parcelles importantes (superficie non négligeable, parcelles au cœur d'un îlot ou proches d'un bâtiment d'élevage). Certes, la prestation de l'enregistrement coûte 25€, mais la clarté et la puissance juridique apportées sont précieuses.

Où  faire enregistrer son bail ?

Sur le site suivant vous trouverez le centre des impôts pour votre commune :

http://www2.impots.gouv.fr/liste_pole_enr/index.htm

Il convient de se rendre au pôle d'enregistrement dont dépend la commune de l'immeuble concerné.

Les pôles d'enregistrement dans le Bas-Rhin :

  •  Haguenau : centre des impôts  – 2 rue Clabaud – tél : 03.88.53.26.84
  •  Saverne : centre des impôts – 11 rue Ste Marie – tél : 03.88.03.12.78
  •  Strasbourg : centre des impôts – 35 avenue des Vosges BP 1013 – tél : 03.88.52.48.00
  • Erstein : centre des impôts – 2 rue de Savoie – tél : 03.90.29.91.40

Avant de vous déplacer, pensez à téléphoner pour vérifier les horaires d'ouverture et n'oubliez pas de vous munir des 3 exemplaires du bail  signé des deux parties.

 

Marilène Bellot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Si vous choisissez le bail de plus de 12 ans, alors votre notaire procédera à l'enregistrement et au dépôt au livre foncier.

 

 

Eviter des contentieux

 

Beaucoup de propriétaires pensent encore aujourd'hui qu'ils ne sont pas engagés auprès de leurs locataires s'ils n'ont pas signé de contrat, s'ils font de la vente d'herbe ou de la prise en pension d'animaux.

De telles situations peuvent susciter des contentieux notamment lorsque le propriétaire a pour projet de reprendre les terrains sans respecter les règles dictées par le code rural.

Les exploitants doivent alors justifier auprès du tribunal paritaire des baux ruraux qu'ils respectent l'ensemble des conditions énoncées plus haut. La preuve n'est pas toujours aisée à apporter et un contentieux peut dans certains cas être lourd à porter.

 

 

En conclusion, n'hésitez pas à conclure vos baux par écrit. Vos propriétaires partagent le même intérêt. En tout état de cause, prenez la précaution de régler les fermages par chèques bancaires et/ou d'obtenir des quittances des loyers acquittés.

 

 

Marilène BELLOT

FDSEA 67

 



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