Employeur :
Les nouveautés sociales
Comme il est d'usage chaque année, le
1er juillet est synonyme de revalorisation de minimas
sociaux.
Comme le
gouvernement l'avait annoncé, le taux horaire du SMIC a été revalorisé de 5,3 %
au 1er juillet 2003. Le SMIC horaire brut
passe donc de 6,83 € à 7,19 €. Le coefficient 100 de la convention collective
des exploitations agricoles d'Alsace s'élèvera donc désormais à 7,19 € brut de
l'heure. Le SMIC mensuel brut passe pour 151,67 heures de 1035,91 € à 1090, 51 €. Cette forte augmentation résulte de la
volonté d'harmonisation des divers SMIC, affichée par le gouvernement.
Revalorisation de la garantie mensuelle de
rémunération
Depuis le
1er janvier 2002, sauf clause contractuelle contraire, la
rémunération mensualisée est basée sur 151,67 heures. La loi du 19 janvier 2000 pour les
salariés au SMIC et l'accord national sur la durée du temps de travail pour les
autres salariés ont organisé un principe de garantie mensuelle de rémunération
lors du passage aux 35 heures. Cette garantie concerne notamment le salarié en
place lors du passage aux 35 heures, le nouvel embauché (sous CDD ou CDI) à un
emploi équivalent de celui bénéficiant de la garantie, le salarié à temps
partiel pour une durée de travail et un emploi équivalent de celui bénéficiant
de la garantie. Le niveau de la garantie varie en fonction de la date d'entrée
du salarié dans le dispositif de réduction du temps de travail.
Chaque année
la garantie est aussi revalorisée à la date du 1er juillet. Pour
savoir si le montant de la garantie est atteint, il faut prendre en compte la
rémunération mensualisée et les éventuelles heures supplémentaires effectuées,
pour leur coût horaire. A défaut, le salaire doit être complété par un
complément différentiel de salaire. L'employeur ayant opté pour une indemnité
différentielle a 3 ans pour l'intégrer dans le salaire horaire.
Le montant
mensuel du SMIC pour un salarié à 35 heures sans complément différentiel
s'élèvera donc à 1090,51 € (soit 151.67 heures x 7.19 €).
Tableau 1 : Les garanties
mensuelles de rémunération sont revalorisées en moyenne de 2,3 % au
1er juillet 2003 : de 1,6 % à 3,2
%.
|
Garantie
mensuelle de rémunération |
Montant au 01/07/02 |
Revalorisation au 01/07/03 |
Montant au 01/07/03 |
|
39 h
et passage aux 35 h entre le
01/07/02 et le 30/06/03 GMR 5 |
1154,27 € |
+1,6 % |
1172,74 € |
|
Passage aux 35 h entre le
01/07/01 et le 30/06/02 GMR 4 |
1147,52 € |
+1,8 % |
1168,16 € |
|
Passage aux 35 h entre le
01/07/00 et le 30/06/01 GMR3 |
1133,49 € |
+2,2 % |
1158,62 € |
|
Passage aux 35 h entre le
01/07/99 et le 30/06/00 GMR 2 |
1114,35 € |
+2,8 % |
1145,54 € |
|
Passage aux 35 h entre le
15/06/98 et le 30/06/99 GMR 1 |
1100,67 € |
+3,2 % |
1136,15 € |
Compte tenu de
l'augmentation conséquente du SMIC de 5,3 % au 1er juillet 2003 et
après l'échec des négociations salariales en commission mixte, les organisations
patronales recommandent aux employeurs agricoles relevant de la convention
collective des exploitations agricoles d'Alsace d'appliquer une augmentation de
2 % sur la grille des salaires (du coefficient 105 au coefficient
250).
En effet, ce
conseil est fait dans un souci d'équité entre les salariés embauchés au SMIC et
ceux qui ont un coefficient supérieur et donc une qualification
supérieure.
Tableau 2 : Grille des
salaires : Convention collective des exploitations agricoles d'Alsace à
compter du 1er juillet 2003.
|
Coefficients |
Recommandation patronale |
Convention collective des
exploitations agricoles d'Alsace |
|
100 =
SMIC |
7,19
€ |
7,19
€ |
|
105 |
7,19
€ |
7,19 € |
|
110 |
7, 20
€ |
7, 19 € |
|
115 |
7,52
€ |
7.37 € |
|
120 |
7,85
€ |
7.70 € |
|
130 |
8,35
€ |
8.19 € |
|
135 |
8,68
€ |
8.51 € |
|
140 |
9
€ |
8.82 € |
|
145 |
9,32
€ |
9.14 € |
|
180 |
11,57
€ |
11.34 € |
|
250 |
16,07
€ |
15.76 € |
D'autres
revalorisations sont directement liées à la hausse des minimas sociaux. Lorsque
le salarié bénéficie d'avantages en nature (nourriture, logement, ...) ces
derniers doivent être intégrés dans la paie. Dans ce cas, l'employeur pourra
déduire du salaire net la valeur de ces avantages soit actuellement 7,5 € par
jour pour la nourriture et 24 € par
mois de 30 jours pour le logement.
En outre,
les salariés de moins de 18 ans ont droit à des rémunérations minimales calquées
sur le SMIC :
Ø
Les jeunes de moins de 17 ans ont droit au minimum à 80 % du SMIC, soit
5,75 € brut de l'heure.
Ø
Les jeunes de 17 à 18 ans ont droit au minimum à 90 % du
SMIC, soit 6,47 € brut de l'heure.
Les nouveaux taux pour
le TESA
Pour les
employeurs de main d'œuvre saisonnière qui réalisent leurs fiches de paie avec
le dispositif TESA les taux évoluent également. Il faut rappeler que le TESA
permet de réaliser l'ensemble des formalités administratives d'embauche et
d'emploi des salariés sous contrat à durée déterminée de moins de 3 mois à
l'exclusion de certains contrats particuliers (comme les contrats de
qualification, ...) et des salariés étrangers.
Pour le
calcul des cotisations maladie, vieillesse, veuvage, chômage, AGFF, retraite
complémentaire, prévoyance, ANEFA et CSG déductible, le taux est désormais de 21,384 %.
Et pour le
calcul des contributions CSG et CRDS non déductibles le taux est de 2,783 %.
Les chiffres clefs à
retenir :
|
SMIC
horaire depuis le 01/07/03 |
7,19 € |
|
Minimum garanti depuis le
01/07/03 |
3 € |
|
Plafond mensuel au
01/01/03 |
2432 € |
Nouvelle réduction de cotisations sociales
patronales à compter du 1er juillet 2003
La loi
Fillon instaure une nouvelle réduction de cotisations patronales d'assurances
sociales agricoles (maladie, maternité, vieillesse, décès, invalidité, accident
du travail) et d'allocations familiales applicables aux plus bas niveaux de
rémunérations. Ce nouvel allégement de charges se substitue depuis le
1er juillet 2003 à la réduction dégressive bas salaire et à l'allègement Aubry II.
Ce dispositif va monter en charge durant une période transitoire de deux ans. Le
calcul tient compte de l'unification progressive du SMIC et des garanties de
rémunérations sur cette période.
A terme,
c'est-à-dire à compter du 1er juillet 2005 la réduction sera à son
maximum pour un salaire horaire égal au SMIC (elle sera égale à 26 % de ce
salaire) elle sera nulle pour un salaire horaire atteignant 1,7 SMIC.
Durant la
période transitoire du 1er juillet 2003 au 1er juillet
2005, deux formules peuvent s'appliquer selon que l'entreprise bénéficiait déjà
auparavant de l'aide Aubry II ou non au 30 juin 2003.
D'une part,
pour les entreprises bénéficiant précédemment de l'allègement Aubry II, la
réduction sera à son maximum pour un salaire horaire égal à la garantie de
rémunération horaire applicable au 1er janvier 2000 GMR2 soit, 7,55 €
/ heure (elle représente 26 % de ce salaire), elle sera nulle pour un salaire
horaire atteignant la GMR 2 majorée de 70 %.
D'autres
part, pour les autres entreprises, la réduction sera à son maximum pour un
salaire égal au SMIC (elle représentera 20,8 % de ce salaire du 01/07/03 au
30/06/04, et 23,4 % du 01/07/04 au 30/06/05) elle sera nulle pour un salaire
horaire atteignant 1,5 SMIC du 01/07/2003 au 30/06/04 et 1,6 SMIC du 01/07/04 au
30/06/05.
|
|
Entreprises bénéficiaires de l'allègement Aubry II au
30/06/03 |
Autres entreprises |
|
Du
01/07/03 au 30/06/04 |
Coefficient maximal de
réduction de 26 % du salaire brut
Limite :
1,7 fois la garantie horaire de rémunération applicable au 01/01/00
|
Coefficient maximal de
réduction de 20,8 % du salaire brut
Limite :
1,5 SMIC horaire |
|
Du 01/07/04 au
30/06/05
|
Coefficient maximal de
réduction de 23,4 % du salaire brut
Limite :
1,6 SMIC horaire |
|
A
compter du 01/07/05 |
Coefficient maximal de
réduction de 26 % du salaire brut
Limite :
1,7 SMIC horaire |
Nouveautés pour les
fermiers aubergistes
La
commission mixte a par ailleurs entériné un nouvel avenant à la convention
collective des exploitations agricoles d'Alsace relatif au travail du dimanche
et des jours fériés pour les fermiers aubergistes et les activités de vente à la
ferme. En effet, le tourisme à la ferme et la vente de produits fermiers sont un
créneau qui se développe de plus en plus à l'heure actuelle. A ce titre les
majorations de 100 % pour travail du dimanche et jours fériés étaient bien
souvent injustes car ces agriculteurs sont souvent en concurrence directe avec
d'autres catégories professionnelles et notamment les restaurateurs qui ont des
dispositions sociales beaucoup plus avantageuses.
D'une part,
le personnel travaillant le dimanche et les jours fériés dans les fermes
auberges sera rémunéré sur la base du coefficient 110 et percevra une majoration
de 15 % pour les heures faites le dimanche et les jours fériés.
D'autre
part, le personnel travaillant habituellement le dimanche et les jours fériés à
des activités de service, hors production telles que la vente de produits
majoritairement issus de l'exploitation, l'accueil dans les exploitations
labellisées " bienvenue à la ferme " percevra une majoration du taux
horaire de 25 % (au lieu de 100 % jusqu'à présent.)
Pascale Wilhelm