TRAVAILLEURS OCCASIONNELS : NOUVEAU DISPOSITIF
D'EXONERATIONS
Depuis de nombreuses années, la FDSEA dénonce la
distorsion de concurrence avec les pays voisins. Il est en effet flagrant de
constater que dans ces pays les charges sociales sont plus faibles et le coût de
la main d'œuvre beaucoup moins élevé. Les revendications
portées par la FDSEA sont remontées à Paris et ont permis d'aboutir à une
réforme du dispositif d'exonérations des charges patronales en matière d'emplois
occasionnels.
Cette réforme est contenue dans la loi de
finances rectificative pour 2010 publiée au JO du 9 mars 2010 (Loi
N°2010-237). Un décret d'application en date du 23 avril 2010 fixe certaines
modalités.
Rappel : Jusqu'au
1er janvier 2010, les employeurs de travailleurs occasionnels et
demandeurs d'emploi bénéficiaient selon les productions d'une réduction des
cotisations patronales d'assurances sociales
(maladie-maternité-invalidité-vieillesse-décès) à hauteur de :
- 90% pour les producteurs de fruits et
légumes, de raisin de table, de pommes de terre, de houblon, de tabac et
l'apiculture
- 75% pour les viticulteurs
- 58% dans tous les autres cas
|
Le nouveau dispositif
permet aux employeurs de faire une économie supplémentaire par mois et par
salarié :
--> pour ceux qui bénéficiaient du taux à 90% d'environ
125€
--> pour ceux qui bénéficiaient du
taux à 75% d'environ
176€
--> pour ceux qui bénéficiaient
du taux à 58% d'environ
234€ |
CE QU'IL FAUT RETENIR DE LA
REFORME
1. Les employeurs
bénéficiaires
Il résulte des nouvelles dispositions du code
rural que les employeurs bénéficiaires de l'exonération "travailleurs
occasionnels " se définissent en fonction de deux
critères :
- leur
affiliation à la
MSA ;
- et en fonction de leur activité agricole (et non plus en fonction
de leur statut ou de leur forme)
Peuvent donc en
bénéficier :
- Les chefs
d'entreprise et exploitants agricoles ;
- Les
entreprises de travaux agricoles ;
- Les
sociétés civiles agricoles (SCEA, EARL, GAEC et GFA exploitant)
;
- Les sociétés commerciales (SARL, SA ...) si
l'objet de leur activité est agricole ;
- Les
sociétés coopératives de production dès lors que leur activité est liée au cycle
de production animale ou végétale ;
- Les
groupements d'employeurs composés exclusivement d'employeurs
agricoles.
En revanche, ne peuvent pas en
bénéficier : les CUMA, les paysagistes, les coopératives de
transformation, conditionnement et commercialisation.
2. Qui sont les travailleurs
occasionnels ?
Pour être considérés comme travailleurs
occasionnels, les salariés doivent remplir deux conditions :
|
Réaliser des travaux
saisonniers |
En CDD en
principe |
|
Les salariés doivent être affectés à la
réalisation de " tâches temporaires liées au cycle de la
production animale ou végétale, aux travaux forestiers et aux activités de
transformation, de conditionnement et de commercialisation de produits
agricoles lorsque ces activités, accomplies sous l'autorité d'un
exploitant agricole, constituent le prolongement direct de l'acte de
production " |
Les travailleurs occasionnels
doivent être employés dans des cas limitativement définis :
--> En CDD pour des
emplois à caractère saisonnier, en CDD conclus dans le cadre de la
politique d'insertion tels que les contrats initiative emploi
(CIE) ; --> Et exceptionnellement en
CDI ou CTI (Contrat de travail intermittent) uniquement dans le
cadre de groupements d'employeurs pour l'embauche de demandeurs
d'emploi. |
3. Activités prises en
compte
- Entrent comme
auparavant dans le champ des activités éligibles celles liées au cycle de
production animale et végétale, à savoir les activités de :
§ Cultures spécialisées ou non
spécialisées ;
§ Elevages spécialisés ou non
spécialisés ;
§ Dressage, entraînement et
haras ;
§ Pisciculture ;
§ Les travaux agricoles qui entrent dans le cycle de la production
animale ou végétale, les travaux d'amélioration foncière agricole.
- Les travaux
forestiers (travaux de " récolte de bois " : abattage,
ébranchage, débroussaillement, nettoyage des coupes...., travaux de reboisement
et de sylviculture)
- Pour les activités
constituant le prolongement de l'acte de production, la loi précise que
ces activités doivent désormais être accomplies sous l'autorité d'un
exploitant agricole. La notion d'exploitant agricole s'entend au sens strict
de la personne physique affiliée au régime des non salariés agricoles en qualité
de chef d'exploitation.
Attention : N'entrent plus
dans le champ des exonérations " travailleurs occasionnels -demandeurs
d'emploi " : les activités des structures d'accueil
touristiques qui ont pour support l'exploitation (ex : ferme -
auberge). Les activités de création, restauration et
entretien de parcs et jardins restent exclues du dispositif.
4. Modalités d'exonération : un
barème dégressif en fonction du salaire
--> Un barème dégressif en fonction
du salaire identique à tous les secteurs de production
|
SMIC |
Taux
d'exonération |
|
Jusqu'à 2,5
SMIC
(3359€
brut/mois) |
100% |
|
Entre 2,5 et 3
SMIC
(>3359€ brut/mois et
< 4031€ brut/mois) |
Voir formule de calcul
* |
|
Au-delà de 3
SMIC
(> 4031€
brut/mois) |
0% |
* formule :
|
(C/0,5) x (3 x (2,5 x
SMIC mensuel / rémunération mensuelle brute hors HC et HS)
-2,5) |
C =
somme des cotisations employeurs dues au titre des assurances sociales et
assimilées, et des cotisations conventionnelles obligatoires
SMIC mensuel = 1343,77 € au
1er janvier 2010
Rémunération mensuelle
brute = gains et rémunérations versés au salarié dans le mois à
l'exclusion de la rémunération des heures complémentaires et
supplémentaires
--> Les cotisations patronales
exonérées
- Assurances sociales agricoles
(maladie-vieillesse)
- Allocations
familiales
- Accidents du Travail (taux variable
selon les productions)
- FAFSEA
- CAMARCA
- AGFF
- ANEFA/AFNCA/PROVEA
- Service santé au
travail
--> Les cotisations restant à la
charge des employeurs
- Chômage
-
AGS
- FNAL
- Cotisation Solidarité Autonomie
- Prévoyance
--> La durée maximale d'exonération
par année civile : 119 jours
La durée des exonérations est fixée à 119 jours
ouvrés, consécutifs ou non, pour un même salarié et par année civile. Passé ce
délai, l'employeur a le choix : conserver cette exonération pour l'année ou
opter pour la réduction Fillon.
Le choix de l'employeur
pourra être fait à la fin des 119 jours et même jusqu'à la fin de l'année
civile. S'il opte pour la réduction Fillon, elle s'appliquera
rétroactivement.
5. Une entrée en vigueur au 1er
janvier 2010
Le bénéfice de cette exonération reste
conditionné à ce que l'employeur en fasse la demande dans le cadre de la
déclaration unique d'embauche ou du TESA. Pour les
embauches intervenues depuis le 1er janvier 2010, les employeurs
qui avaient ainsi demandé l'exonération travailleurs occasionnels en bénéficient
sans nouvelle formalité dans les cas conformes à la réglementation
nouvelle.
Pour les employeurs qui avaient sollicité le
bénéfice de l'exonération et qui ne rentrent plus dans le dispositif en vigueur
rétroactivement depuis le 1er janvier 2010, le décret du 23 avril
prévoit que la réduction Fillon va s'appliquer sans formalité à réaliser auprès
de la MSA.
6. Dispositif cumulable
avec :
- Exonération des heures
supplémentaires (Loi TEPA);
- Exonération de
certaines cotisations patronales conventionnelles prises en charge par la
MSA ;
- Exonération de charges salariales liées
au contrat " vendanges " ;
- Exonération de charges salariales liées à l'emploi de travailleurs
occasionnels de moins de 26 ans ;
- L'aide
" TPE ", versée par Pôle Emploi, pour toute embauche de plus d'un mois
réalisée avant le 30 juin 2010.
Marilène
BELLOT