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    Actualités / Départementales / 2010 / 08
 
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  27/8/2010
  Viande bovine : FDSEA et JA alertent les entreprises d’abattage

Après avoir rencontré les OP (Organisation de Producteurs) la semaine dernière, FDSEA et JA ont alerté les abatteurs sur la situation très tendue à laquelle doit faire face les producteurs de viande bovine. En jeu : le redressement des cotations indispensable pour pérenniser durablement cette activité qui représente 30% du chiffre d’affaires agricole départemental...

 

Viande bovine : FDSEA et JA alertent les entreprises d'abattage

 

80 € par animal. Voilà ce qui me reste pour rémunérer mon travail, payer le vétérinaire, rembourser le matériel et le bâtiment. Et tout ça, dans l'espoir qu'il n'en meurt pas un dans le lot". Jean-Claude Benoît, producteur spécialisé en viande bovine (135 taurillons charolais par an) à Silly-en-Gouffern fait ses très mauvais comptes 2010. Et il n'a pas la mémoire courte. Ses derniers taurillons, il les a vendu à 3,05/3,08 €, plus-value TÜF (une filière de qualité alimentant le marché allemand) comprise. "Le même prix qu'en 2000", lâche-t-il alors qu'en 10 ans les charges ont explosé.

Aux abatteurs de faire pression


FDSEA et JA invitent les abatteurs à faire pression sur l'aval pour enclencher une remontée des cours.
La FNB (Fédération Nationale Bovine) exige + 20 %.

Jean-Claude n'est pas un cas isolé. Tous les producteurs de viande bovine (spécialisés ou pas) souffrent. Selon une étude du CER France Normandie, de 2007 à 2009, le taux de "situation fragile" a grimpé de 16 % à 26 %. Celui de "situation saine" a chuté de 69 % à 58 %. Le syndicalisme agricole a donc décidé de prendre le taureau par les cornes en invitant les abatteurs à prendre le pouls de la situation au cœur des stabulations. C'est ainsi que, mardi dernier, FDSEA et JA se sont entretenus avec des représentants de SOCOPA (la SELVI était excusée) avec pour cadre les vaches allaitantes et les taurillons de Jean-Claude Benoit.
Après un constat inquiétant sur la rentabilité de cette activité, sur l'endettement des éleveurs et sur la trésorerie des exploitations, Daniel Génissel (section bovine de la FRSEA) a commenté les conclusions d'une étude menée par l'Institut de l'Elevage. "Au 1er janvier 2010 et considérant un atelier de 200 JB, il aurait fallu un prix de vente de 3,82 alors qu'il était, dans le meilleur des cas, de 3,40 (entrée abattoir)". "Comment pérenniser cette activité et plus encore installer des jeunes dans ces conditions ?, s'interrogent Dominique Bayer (section bovine de la FDSEA) et son collègue des JA. "Si nous disparaissons, vous disparaitrez aussi (Ndlr : les abatteurs), prévient Jean-Claude Benoit qui n'est pas seul à penser que ce sont, in fine, les éleveurs qui financent la restructuration de l'outil industriel.
Du côté des représentants de la SOCOPA, on s'en défend préférant évoquer les distorsions de concurrence avec notamment l'Allemagne et l'Italie. "Nous sommes dans un Marché de plus en plus européen avec des entreprises françaises. Il nous fallait nous regrouper pour résister à cette concurrence". Sans oublier la crise qui plombe la consommation de viande en Espagne et surtout en Grèce. "Mais vous avez une responsabilité sur le niveau des prix pratiqués en France", a insisté Daniel Génissel. A suivre!

 


Source : AN 61
Auteur : Thierry Guillemot

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